Calendrier

<<  Déc. 18  >>
 Lu  Ma  Me  Je  Ve  Sa  Di 
       1  2
  3  4  5  6  7  8  9
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31      

Evénements

 


 

 
 


 
 
 

 
 




 
 
 
 

 

 

Un millésime 2012 fin et équilibré

PDF Envoyer
Actualité - Viticulture
Dimanche, 04 Novembre 2012 20:19


Dès la sortie de l'hiver, les conditions climatiques contrastées nous poussent à penser que le millésime 2012 sera délicat.

L'hiver est effectivement très capricieux ; d'abord parce que les hauteurs d'eau relevées pendant la période de recharge - d'octobre 2011 à mars 2012 - sont de 20 à 40% inférieures à la normale, du nord au sud de la vallée du Rhône. Ensuite parce que les amplitudes thermiques sont importantes. Très certainement, l'épisode de grand froid qui survient pendant la première quinzaine de février restera dans les mémoires. Il fait jusqu'à -14°C et le vignoble rhodanien subit une dizaine de jours consécutifs sans dégel. La sensation de froid est accentuée par un mistral fort et omniprésent, avec des rafales à plus de 110 km/h sur cette même période. Les vignes, d'ordinaire assez résistantes à de pareilles conditions, payent un lourd tribut, en partie aussi à cause du manque d'eau. Il faut attendre le débourrement, un mois et demi plus tard, pour se rendre compte que les dégâts de gel d'hiver, méconnus jusqu'alors dans la région, sont significatifs - touchant préférentiellement les vieilles parcelles de grenaches et, dans une moindre mesure, les vieilles syrahs en secteurs précoces et exposés. Dans ces conditions difficiles le débourrement intervient quelques jours en retard par rapport à une année normale. Les premiers bourgeons éclatent autour du 20 mars sous les conditions les plus propices. 

Avec les chaleurs des premiers jours du printemps, la végétation s'emballe et le vignoble se réveille en fanfare. Le mois d'avril amène ensuite les pluies tant espérées. Les hauteurs d'eau relevées sur le mois (158 % de la normale) permettent pour un temps de satisfaire les besoins en eau des vignes mais ne comblent pas le déficit hydrique accumulé depuis octobre 2011. De plus, l'hiver n'a pas dit son dernier mot ; les températures moyennes, assez fraîches pendant le mois, ralentissent le cycle végétatif. Il neige sur le mont Pilat et la Lance le 15 avril. On a alors l'impression que l'alternance de périodes chaudes/fraîches et sèches/humides marquera l'identité du millésime. On parle d'hétérogénéité et on pressent qu'il faudra, pendant tout l'été, oeuvrer plus que d'ordinaire pour réduire les écarts entre les ceps au sein d'une même parcelle, entre les îlots au sein d'une même exploitation. 

Ces alternances climatiques se poursuivent tout au long de l'été. Alors que la plupart des autres vignobles français se lamentent des dégâts de grêle, la vallée du Rhône reste à l'écart de conditions météorologiques trop fâcheuses. Néanmoins, les vignerons sont à la tâche et doivent  lutter contre la pression du mildiou et de l'oïdium, omniprésents. Aussi,  les adventices qui poussent rapidement demandent à être contenus. En définitive, les heures passées dans les vignes sont nombreuses mais chacun garde espoir de contredire la fatalité des millésimes en "2".

A l'instar de 2011, il est peu permis de prendre du repos durant l'été. La fin août est marquée par des températures maximales élevées, proches de 40°C pendant dix jours. Aussi, on pressent de récolter les blancs et les premiers rosés un peu plus tôt que prévu, soit dès la fin du mois. Mais les cinétiques de maturation ne sont, au final, pas aussi rapides. La date de récolte est difficile à déterminer, tant en blanc qu'en rouge. Pour autant, les vendanges débutent cahin caha au début du mois de septembre. Mais on patiente encore, les conditions climatiques le permettent et les dégustations de baies obligent à l'attente. Pour ainsi dire, chacun a l'impression d'être confronté encore une fois aux conditions contrastées et changeantes qui sévissent depuis le début du millésime. On trouve le temps long, on attend. Certaines parcelles sont récoltées puis on arrête les chantiers pour quelques jours, le temps que d'autres soient à leur optimum. Au final, la récolte s'échelonne et le millésime est un des plus tardifs des dix dernières années. Mais comme chaque année à l'approche des vendanges, les prévisions météorologiques sont la marotte des vignerons. Les célèbres pluies d'equinoxe sont annoncées du 24 au 26 septembre. Alors on accélère la cadence, on se hâte. Il faut savoir être réactifs quand cela est nécessaire. La fin de semaine et le week-end du 22/23 septembre sont très actifs. Sur Côte Rôtie ou Saint-Peray par exemple on n'hésite pas à rentrer les 3/4 du vignoble sur cette fin de semaine, avant les pluies. Certaines caves ont rentré la totalité de leur récolte sur trois jours. Au matin du 24 septembre il pleut de 15 mm à Condrieu jusqu'à 60 mm à Châteauneuf du Pape. La semaine qui suit sera très arrosée mais la satisfaction de voir les premiers jus à l'abri est totale.

En cave, on s'affaire. Les études de maturité annonçaient un millésime pauvre en structure et en couleur, imposant de fait un travail ardu pour potentialiser le peu qu'on ait. Mais c'est bien le contraire qui s'opère. La couleur vient facilement et les tanins s'extraient tout aussi aisément. L'extractibilité est bonne et la diffusion des différents composés presque meilleure qu'en 2007. L'écart entre la maturité phénolique et la maturité pulpaire n'était en fin de compte pas si important. On gère les temps de macération, on essaye d'être précis dans les travaux mécaniques des chapeaux de marc. Lorsque les premières cuves arrivent en fin de sucres la surprise est de taille. Fera t-on un aussi joli millésime qu'en 2010 ? Peut-être pas mais l'écart ne sera pas aussi vaste qu'imaginé au départ. Les vins sont effectivement très colorés, aromatiques et flatteurs. Ils ne seront pas aussi puissants que les récents 2009 ou 2010 mais chaque millésime a son identité propre et celui-ci se positionne malgré tout du bon côté de la barrière. Seul bémol, les volumes sont moindres qu'en 2011. Les déclarations de récolte ne sont pas encore déposées mais il semble manquer près de 15 à 20% des volumes, surtout sur le sud ; les quantités sur le nord étant plus conformes à l'habitude. Pour finir, l'arrière-saison est clémente - jusqu'à 26°C autour du 20 octobre. Les températures en caves restent ainsi propices au déclenchement des fermentations malo-lactiques, lesquelles se font rapidement. A ce jour, beaucoup de vins sont stables d'un point de vue microbiologique. Le temps est à l'élevage.

En définitive, en vallée du Rhône - et par esprit de comparaison - les vins qui feront ce millésime 2012 seront un bon compromis entre 2011 et 2010. Ils seront marqués par l'élégance, la finesse aromatique et l'équilibre. Il revient maintenant à chaque vigneron de le faire savoir et à chaque dégustateur, chaque curieux, de se laisser surprendre autant que nous avons pu l'être tout au long de cette année.

Source : www.rhone-oenologie.fr

Olivier ROUSTANG

Oenologue

 

 

 

Partenaires

 

Vidéos récentes


Warning: simplexml_load_file(http://gdata.youtube.com/feeds/api/users/infoardeche/uploads?max-results=4) [function.simplexml-load-file]: failed to open stream: HTTP request failed! HTTP/1.0 410 Gone in /home/infoarde/www/modules/mod_tjs_youtube/helper.php on line 40

Warning: simplexml_load_file() [function.simplexml-load-file]: I/O warning : failed to load external entity "http://gdata.youtube.com/feeds/api/users/infoardeche/uploads?max-results=4" in /home/infoarde/www/modules/mod_tjs_youtube/helper.php on line 40

Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /home/infoarde/www/modules/mod_tjs_youtube/helper.php on line 44

Télécharger l'agenda

Partenaires

Chambres D'Hôtes - ...suite des Partenaires et Référencement